10 novembre 2020
Vite une loi pour faire entendre raison aux géants du web
Par: Le Clairon de Saint-Hyacinthe et région

Benoit Chartier, éditeur de DBC Communications et du Courrier de Saint-Hyacinthe ainsi que président d’Hebdos Québec. Photothèque | Le Courrier ©

DBC Communications, groupe de presse indépendant qui publie cinq hebdomadaires régionaux, dont Le Clairon de Saint-Hyacinthe, joint sa voix à tous les grands joueurs des médias dans le bras de fer qu’ils souhaitent livrer aux géants du web.

Il presse le gouvernement du Canada de mettre au pas les Facebook et Google de ce monde en les forçant à négocier de bonne foi la mise en place d’un système de redevances juste et équitable envers les médias traditionnels et numériques du Québec et du reste du pays.

Concrètement, les journaux de DBC Communications feront écho, au cours des prochaines semaines, aux revendications de Médias d’info du Canada, qui représente des centaines de journaux de confiance dans chaque province et territoire.

Le Clairon de Saint-Hyacinthe servira de relais à une campagne publicitaire d’envergure visant à inciter le gouvernement fédéral à adopter une loi pour forcer les géants du web à s’entendre avec les médias traditionnels ou numériques qu’ils fragilisent par leurs pratiques déloyales.

« C’est un combat en apparence inégal à la David contre Goliath que nous devons livrer ensemble pour espérer un changement profond, a expliqué Benoit Chartier, éditeur de DBC Communications et président d’Hebdos Québec. Pour établir un véritable rapport de force, une loi s’impose et le plus vite sera le mieux. L’Australie a agi en ce sens l’été dernier et nous espérons que notre gouvernement s’en inspirera fortement. »

Le modèle australien en résumé

– Le gouvernement permet aux journaux de se regrouper au sein d’une unité de négociation collective afin de négocier une compensation pour l’utilisation de leur contenu et de leur propriété intellectuelle. Ce n’est que par cette approche collective que l’immense pouvoir monopolistique des géants du web pourra être contré et que les règles du jeu numérique pourront être nivelées.

– Un code de conduite à long terme est mis en place pour assurer que les monopoles du web n’utilisent pas de nouveaux algorithmes et d’autres technologies propriétaires pour étendre leur domination du marché et enraciner des pratiques anticoncurrentielles.

– Une mise en œuvre rigoureuse s’impose. Les géants du web sont passibles d’amendes de plusieurs centaines de millions de dollars pour une seule infraction. Des sanctions de cette ampleur sont les seuls moyens efficaces de freiner des entreprises de cette taille qui ont un pouvoir sans précédent.

Une menace à enrayer

Selon Benoit Chartier, la position australienne face aux géants du web a le grand avantage de ne nécessiter aucun nouveau financement public, ni taxe à la consommation ou frais d’utilisation.

« Voilà des arguments qui devraient plaire au gouvernement et à la population en général. Et à voir comment a réagi Google quand la loi australienne a été présentée, il est clair que le géant n’a pas apprécié du tout. C’est maintenant au Canada de jouer et j’invite personnellement le député Simon-Pierre Savard-Tremblay à faire les représentations nécessaires », dit-il.

Médias d’info du Canada considère que tous nos médias sont aujourd’hui confrontés à une menace existentielle en raison des pratiques anticoncurrentielles des géants du web que sont Facebook et Google.

« La presse hebdomadaire régionale n’y échappe pas non plus, malgré la proximité de nos annonceurs et de nos lecteurs », témoigne M. Chartier. L’organisme rappelle que ces deux géants mondiaux contrôlent 80 % de tous les revenus publicitaires et qu’ils utilisent leur contrôle monopolistique non seulement pour détourner la publicité des journaux, mais aussi pour détourner les millions de dollars de revenus publicitaires qu’ils placent sur les sites des journaux.

« Même lorsque les annonceurs paient spécifiquement pour faire de la publicité sur les sites des journaux, Google et Facebook utilisent leur position dominante sur le marché pour garder une grande partie des revenus publicitaires qui devraient revenir aux propriétaires des sites », note-t-on.

La coalition reproche enfin à Google et Facebook d’accumuler des données sur les lecteurs et les annonceurs des sites de journaux pour leurs propres besoins et de s’en servir pour consolider et renforcer leurs positions monopolistiques.

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