27 avril 2021
Une saison des sucres à oublier
Par: Le Clairon de Saint-Hyacinthe et région

2021, une saison désastreuse à oublier pour les producteurs acéricoles. Photo PPAQ

Les producteurs de sirop d’érable de la région ont à peine atteint 60 % de la production de 2020, cette dernière étant une année en tout point exceptionnelle. Pour la saison 2021, certains cumuleront des pertes de quasi 50 %, ce qui contraste fortement avec les dernières très bonnes années en acériculture.

« C’est vraiment une année à oublier, lance Christian Benoit de la Cabane à sucre Chez Christian, à Saint-Hyacinthe. Le sol n’était pas assez gelé et des chaleurs sont apparues trop rapidement en mars. Les arbres sont donc entrés en croissance trop vite, avec des bourgeons qui commencent à se former, et cela a joué énormément sur la quantité de sève des érables, mais aussi sur la couleur du sirop. » Avec ces chaleurs de 18-20 °C en mars et aucun gel certaines nuits, le sirop est beaucoup plus foncé. « Nous avons beaucoup moins de sirop ambré cette année », ajoute M. Benoit.

Même son de cloche de côté de Gaétan Bouvier de l’Érablière Bouvier & Fils, à La Présentation. Avec ses 4000 entailles à la tubulure, le producteur calcule pour cette saison une diminution d’un tiers de sa production de sirop d’érable habituelle. « La sécheresse en juin dernier a vraiment nui à la saison actuelle, car les arbres n’ont pas pu grossir assez à cause du manque de pluie de l’été 2020. Aussi, cela a généré un taux de sucre beaucoup plus bas dans la sève, un autre obstacle à notre saison 2021. »

M. Bouvier pense que plusieurs producteurs devront se tourner vers la banque de sirop des Producteurs et productrices acéricoles du Québec (PPAQ) pour compenser le manque à gagner, ce qui fera indéniablement augmenter le prix du baril de sirop. Pourtant, David Hall, président du syndicat des producteurs acéricoles de la région de Saint-Hyacinthe, croit que la plupart en auront tout de même assez pour honorer leurs commandes de cannes de sirop d’érable. « C’est une année dure moralement, mais les producteurs peuvent se prémunir de l’assurance-récolte. Malheureusement, nous ne pouvons pas battre des records chaque année », souligne le producteur acéricole de la région du Lac-Brome.

Véronique Lemonde

image