9 juin 2020
Une course annulée et bienveillante à Saint-Denis
Par: Le Clairon de Saint-Hyacinthe et région

Les instigateurs de L’enfer des Patriotes, Antoine Ippersiel et Matis Boyer, ont pu faire un don à la Maison nationale des Patriotes malgré l’annulation de leur course cycliste grâce à la générosité de Bonduelle. Photo Adam Bolestridge

La première édition de L’enfer des Patriotes, une course de vélo unique en son genre, devait se tenir le 17 mai à Saint-Denis-sur-Richelieu. Même si le rendez-vous a dû être annulé vu les circonstances, l’organisation a tout de même voulu redonner à la communauté, comme elle prévoyait le faire, en réalisant un don à la Maison nationale des Patriotes.

Ce geste de cœur a pu être réalisé grâce à l’apport de leur partenaire principal, Bonduelle, qui a décidé de leur laisser le montant de 5000 $ offert en commandite malgré l’annulation de la course. « Ça nous a permis de couvrir toutes les dépenses qu’on avait dû débourser jusqu’ici et de remettre un don d’environ 1200 $ à la Maison nationale des Patriotes », se réjouit le Maskoutain Matis Boyer, instigateur de L’enfer des Patriotes en compagnie du Dionysien Antoine Ippersiel.

« On avait deux buts avec notre concept, poursuit le jeune homme. On voulait offrir une course unique aux cyclistes et redonner à la communauté. » À défaut d’avoir pu atteindre le premier objectif, il peut dire mission accomplie pour le second. « Ça a été un soulagement pour nous d’apprendre qu’ils maintenaient leur commandite. S’endetter de 3000 $ à 18 ans et 21 ans pour une course, ce n’est pas l’idéal. Et là, en plus, on a pu en redonner un peu. »

Cette course, sanctionnée par la Fédération québécoise des sports cyclistes, devait sillonner des routes asphaltées, mais aussi des routes de gravier et de terre battue. Un parcours plutôt atypique au Québec pour les épreuves sur route, qui a été inspiré de la mythique épreuve internationale Paris-Roubaix, elle-même surnommée l’Enfer du Nord.

« C’est une course que les gens redoutent, raconte Matis Boyer en parlant de Paris-Roubaix. C’est un peu ce qu’on voulait créer comme sensation, une course que les cyclistes redoutent, mais aussi une des plus belles à gagner. »

Deux circuits, de 83 km et 100 km, étaient proposés aux cyclistes des classes junior à maître. Ils partaient de Saint-Denis-sur-Richelieu et allaient jusqu’à Sainte-Victoire-de-Sorel, La Présentation et Saint-Charles-sur-Richelieu, en passant par Saint-Jude et Saint-Bernard-de-Michaudville, notamment.

Le fait que la course devait se tenir à la veille de la Journée nationale des patriotes ne relevait pas d’un simple hasard. Le circuit devait passer dans chaque village impliqué dans la lutte des patriotes.

« Chaque secteur était aussi nommé en l’honneur de gens qui ont participé à cette lutte, soutient l’organisateur. Ce n’était pas juste une course de vélo, on voulait que les gens viennent découvrir l’histoire des patriotes. »

Matis Boyer et Antoine Ippersiel, tous deux d’anciens cyclistes au niveau compétitif, penchaient sur ce projet depuis plusieurs mois déjà. L’idée leur était venue, l’été dernier, lors d’une sortie à vélo improvisée sur des chemins de terre battue à Saint-Denis-sur-Richelieu. « Après la ride, on s’est regardés et on s’est dit qu’on n’avait pas le choix de faire une course ici », se souvient Matis Boyer.

Ce dernier y a également vu une belle occasion de partager sa ferveur patriotique dans le cadre d’un événement sportif d’envergure.

La communauté et les municipalités impliquées ont accueilli le projet à bras ouverts, soutient-il, si bien que l’annulation de cette première édition de L’enfer des Patriotes ne signifie pas pour autant que le projet ne verra jamais le jour. Ses organisateurs sont motivés à retenter le coup l’an prochain lorsque les conditions le permettront.

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