8 septembre 2020
Initiatives et réalisations maskoutaines
Pour Olivier et Christophe, c’est Ozero
Par: Le Clairon de Saint-Hyacinthe et région

Dans l’ordre habituel, on reconnaît les instigateurs du projet Ozero : le Maskoutain Christophe Morin, Maxime Guay, Benjamin Farley, Matys Tessier, le Maskoutain Olivier Harpin et Olivier Liberge. Photo gracieuseté

Depuis plus d’un an, une équipe de six étudiants en génie mécanique à l’Université de Sherbrooke travaille sur le projet Ozero, une station de lavage d’embarcations nautiques qui se veut plus complète parce qu’elle décontamine aussi les ballasts des bateaux de sports nautiques, endroit où se logent souvent des espèces exotiques envahissantes qui pourraient ensuite contaminer d’autres lacs. Deux Maskoutains, Olivier Harpin et Christophe Morin, font partie de ce projet prometteur.

« À l’origine, on a été approchés par la Ville d’Asbestos, comme projet étudiant, pour régler les problématiques d’espèces envahissantes dans le lac. C’est à ce moment-là qu’on a vu les besoins et qu’on a commencé à adopter une approche préventive à ce problème », explique Olivier Harpin, finissant en génie mécanique. Il soutient que 50 % de la propagation des espèces aquatiques envahissantes se fait par les embarcations nautiques qui, sans le savoir, aident ces espèces à contaminer d’autres plans d’eau.

C’est là qu’Ozero entre en scène. « On a développé une station de lavage automatique pour les embarcations. Elle utilise une technologie encore unique au Québec pour nettoyer la tuyauterie et les ballasts », mentionne Olivier Harpin. Cette création a d’ailleurs retenu l’attention au dernier Défi AquaHacking, qui s’est tenu en Colombie-Britannique en juin, remportant le 1er prix et la bourse de 20 000 $ qui lui est associée. « C’est un gros concours, mais on était la seule équipe du Québec à y participer cette fois, alors on est d’autant plus fiers! »

La prochaine étape pour Ozero est d’amener sa station de lavage dans les municipalités qui le souhaitent pour tester son efficacité et ses effets sur la présence d’espèces envahissantes dans l’eau. « On est six à travailler à temps plein là-dessus cet été. Ça déboule assez rapidement et des villes nous ont déjà approchés pour obtenir nos services », poursuit Olivier Harpin avec enthousiasme

Prévenir plutôt que guérir

L’approche d’Ozero est de favoriser la prévention et la sensibilisation. « Dans les lacs où une espèce comme la moule zébrée est bien installée, c’est difficile, voire presque impossible, de complètement l’éradiquer. Mais avec notre station de lavage, on peut éviter que la moule zébrée n’envahisse d’autres plans d’eau, pour une fraction du coût », soutient le Maskoutain.

L’équipe d’Ozero mise donc beaucoup sur la sensibilisation auprès des municipalités pour qu’elles soient au courant des risques que posent les embarcations nautiques si elles ne sont pas adéquatement lavées avant d’entrer dans un lac et de leur solution à cette problématique. D’autant plus que cette station de lavage, qui se veut complémentaire aux stations de lavage qui existent déjà, ne devrait pas allonger les files d’attente pour laver les bateaux avant qu’ils puissent entrer dans le plan d’eau. L’opération complète dure entre 10 et 15 minutes, précise-t-on.

Marché nord-américain

Les six finissants en génie mécanique voient grand et espèrent que cet été va permettre à Ozero de véritablement se faire un nom. « Ultimement, on vise tout le marché nord-américain, très affecté par les problématiques d’espèces aquatiques envahissantes. Dans un horizon de 1 à 3 ans, on espère être capables de vendre nos stations aux municipalités du Québec, et même de sortir du Québec avec notre technologie. Ça risque d’aller assez rapidement si tout va bien », conclut Olivier Harpin.

Il est possible d’en savoir plus sur le projet Ozero et de prendre contact avec ses concepteurs sur le site www.ozerosolutions.com.

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