24 mars 2020
Le communautaire s’organise
Par: Le Clairon de Saint-Hyacinthe et région

Le Centre de bénévolat de Saint-Hyacinthe est prêt à accueillir les personnes ayant besoin de dépannage alimentaire toute la semaine dans la cour de l’Accueil fraternel (sur la rue Robert). Photo Facebook

La pandémie de COVID-19 bouscule le quotidien d’un peu tout le monde depuis la semaine dernière et celui du milieu communautaire n’a pas été épargné : comme la majorité des bénévoles et des bénéficiaires sont des personnes âgées ou à risque, plusieurs services sont temporairement compromis. Heureusement, des solutions ont été trouvées pour éviter de laisser à elles-mêmes les personnes déjà vulnérables.

Le Comptoir-Partage La Mie, qui offre chaque mercredi une épicerie à prix modique pour les personnes démunies depuis 20 ans, n’a pas eu le choix d’annoncer la fin de ses activités au moins jusqu’au 1er avril. « On accueille 200 personnes par semaine, qui attendent en file et qui manipulent les denrées. On a beau tout désinfecter pour mettre les chances de notre côté, le risque de transmission demeure très élevé et on ne pouvait pas prendre de chance », reconnaît la directrice générale, Cécile Baillargeon, qui admet que c’est la première fois qu’une crise force la fermeture du Comptoir-Partage.

Plusieurs services ont également été affectés du côté du Centre de bénévolat de Saint-Hyacinthe (CBSH), comme le transport médical, la popote roulante (sauf exception), le magasin Les Trouvailles de l’Abbé Leclerc, les visites amicales et la clinique d’impôt qui seront suspendus jusqu’à nouvel ordre. « Nous avons appliqué des mesures significatives en tenant compte de deux critères et recommandations gouvernementales, c’est-à-dire limiter les déplacements et [tenir compte de] l’âge des bénévoles, dont la majorité des nôtres est de 70 ans et plus », a commenté Yvan Pion, responsable des communications au CBSH.

Sa directrice générale, Marie-Élaine Morin, se fait rassurante en ajoutant que, malgré les conséquences de la COVID-19, le CBSH ne laissera pas tomber le volet alimentaire de son offre de services. C’est pourquoi une trentaine de personnes bénéficieront toujours de la popote roulante, que le dépannage alimentaire aux familles est maintenu et qu’une nouvelle installation extérieure a été ajoutée à l’Accueil fraternel (soupe populaire) pour mieux accueillir les personnes qui bénéficient de ce service quotidien.

La Moisson maskoutaine en renfort

Pour aider à contrer la fermeture temporaire du Comptoir-Partage La Mie, les services s’organisent pour répondre aux besoins essentiels des plus démunis : la Moisson maskoutaine et le Centre de bénévolat collaborent étroitement pour préparer et remettre des sacs de denrées à des personnes et des familles bénéficiaires. « On fera le nécessaire pour répondre et s’adapter à la demande du Centre de bénévolat. Les gens ne pourront pas choisir ce qu’il y a dans leur sac, mais ils auront de quoi subvenir à leurs besoins », note la directrice générale de la Moisson maskoutaine, Claudine Gauvin.

Pour le moment, il n’est question que d’une fermeture temporaire de certains services communautaires, mais personne n’est en mesure de prédire combien de temps cela durera. L’incertitude était palpable dans leur voix. « En ce moment, nous avons la chance de ne pas manquer de denrées parce que des événements ont été annulés et les organisateurs ont fait don de la nourriture plutôt que la gaspiller. Espérons que nous n’aurons pas de pénurie dans les prochaines semaines », lance Mme Gauvin.

De son côté, Cécile Baillargeon espère être en mesure de rouvrir les portes du Comptoir-Partage le 1er avril, redoutant les répercussions sur sa clientèle vulnérable.

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