25 février 2020
Saint-Hyacinthe
La situation du logement inquiète
Par: Le Clairon de Saint-Hyacinthe et région

Céline Magontier, du FRAPRU, et Simon Proulx, de la CDC des Maskoutains, ont tenu une rencontre à Saint-Hyacinthe afin de sensibiliser le gouvernement à la crise du logement. Photo gracieuseté

Alors que sévit la plus sévère pénurie de logements locatifs en 15 ans, au Québec et dans plusieurs municipalités de la Montérégie, le Front d’action populaire en réaménagement urbain (FRAPRU) a entrepris des caravanes qui traversent différentes régions du Québec dans le cadre de sa campagne « Pour du logement social maintenant! ».

Un convoi qui parcourt les routes de la Montérégie s’est arrêté à Saint-Hyacinthe le 6 février pour rencontrer des membres de la Concertation maskoutaine en matière de logement.

Selon les plus récentes données publiées par la Société canadienne d’hypothèques et de logement (SCHL), le taux d’inoccupation est de 0,4 % à Saint-Hyacinthe et le loyer moyen a augmenté de 4,7 % l’an dernier. Le FRAPRU craint que cette pénurie n’aggrave la situation déjà précaire de plusieurs locataires. Déjà, lors du Recensement de 2016, on comptait à Saint-Hyacinthe pas moins de 1395 ménages locataires consacrant plus de la moitié de leur revenu pour se loger, leur revenu médian n’étant que de 12 178 $.

Ces préoccupations font écho à celles des membres de la Concertation maskoutaine en matière de logement. « C’est inquiétant de voir que de plus en plus de gens payent trop cher, selon leurs revenus, pour se loger, confirme Simon Proulx, directeur général de la CDC des Maskoutains. L’achalandage aux banques alimentaires de la région augmente, car c’est la seule option qu’ils ont pour joindre les deux bouts. »

Malgré l’importance des besoins, très peu de logements sociaux ont vu le jour dans les dernières années, rappellent les organismes. « Comme à Saint-Hyacinthe, plusieurs communautés sont mobilisées et ont une réelle volonté de voir des projets de logements publics, coopératifs ou sans but lucratif se réaliser dans leur milieu. Seulement, le programme québécois AccèsLogis a été sous-financé durant 10 ans, et un important retard a été accumulé », déplore Céline Magontier, organisatrice communautaire au FRAPRU.

Pour la première fois en 20 ans, le budget déposé l’an dernier par le gouvernement Legault ne finançait pas de nouveaux logements. Il prévoyait seulement une partie de la somme nécessaire pour assurer la réalisation des 15 000 logements promis par les gouvernements antérieurs, mais pas encore réalisés. Ainsi, alors que le logement social est primordial pour mettre un terme à la crise du logement, seulement 835 de ces logements ont levé de terre à travers la province, l’an dernier. À Saint-Hyacinthe, seulement 25 unités ont été réalisées durant les trois dernières années. Durant trois jours, les caravanes du FRAPRU ont visité plus de 20 bureaux de circonscription de ministres du gouvernement Legault afin d’attirer leur attention sur la crise du logement. À quelques semaines du deuxième budget du gouvernement Legault, le FRAPRU espère convaincre les membres du Conseil des ministres d’augmenter le financement dédié au logement social et communautaire. Le regroupement demande un grand chantier de nouveaux logements sociaux, planifiés pour les cinq prochaines années.

« Le Québec a les moyens financiers de faire davantage pour que leur droit au logement soit respecté. Il faut donner un grand coup et rapidement », conclut Céline Magontier.

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