15 juin 2021
La pénurie de main-d’œuvre dans le détail
Par: Le Clairon de Saint-Hyacinthe et région

La pénurie de main-d’œuvre dans le commerce de détail se fait sentir dans plusieurs boutiques et commerces de Saint-Hyacinthe. Plusieurs magasins des Galeries St-Hyacinthe et du centre-ville cherchent actuellement du personnel pour pourvoir les postes vacants.

Le taux de chômage en Montérégie était à son plus bas en février 2020 avec 3,2 %, alors qu’il était à 5,9 % en avril 2021. D’après le bulletin sur le marché du travail de la Montérégie d’avril 2021, environ 457 postes de vendeurs et de vendeuses étaient disponibles.

La directrice générale associée chez Espace Carrière, Josée Jamieson, mentionne que plusieurs éléments sont la cause de cette pénurie.

« Le contexte pandémique crée de l’insécurité. Les gens ne se sont pas remis en recherche d’emploi. Ils sont en détresse psychologique. Certains en ont profité pour prendre leur retraite. Les mères de jeunes enfants n’osent pas s’engager dans un nouvel emploi au cas où les écoles fermeraient. Pour toutes ces raisons, la population active a baissé d’au moins 20 000 personnes », dit-elle.

Mme Jamieson indique que le domaine du commerce de détail est majoritairement occupé par des femmes. « Les femmes acceptent davantage de travailler au salaire minimum, dans de moins bonnes conditions de travail et d’avoir des horaires atypiques », explique-t-elle.

Le directeur général des Galeries St-Hyacinthe, André Brochu, est attristé de voir un manque d’intérêt de la part de la population pour travailler dans les commerces du centre commercial. Depuis la pandémie, le nombre de curriculum vitae reçus a diminué. « Les subventions offertes par le gouvernement incitent les gens à rester chez eux plutôt que de venir travailler. Nous sommes en pleine crise de la main-d’œuvre et c’est très difficile pour les commerçants », indique-t-il.

M. Brochu affirme que le manque d’effectifs force les boutiques et les restaurants à restreindre leurs heures d’ouverture. « La clientèle était compréhensive jusqu’ici, mais en vue du déconfinement, elle le sera probablement moins », ajoute-t-il. Le directeur général a confié que l’administration travaille actuellement sur une solution pour appuyer les commerçants et pour encourager les gens à postuler. M. Brochu en a profité pour mentionner qu’il soutient aussi les restaurateurs dans cette pénurie. « Nous invitons fortement les gens issus de différentes communautés ethniques à postuler. Nous voulons plus de diversité dans l’équipe », poursuit-il.

Des solutions

Quelques solutions s’offrent pour combler le manque d’effectifs dans les commerces. Josée Jamieson croit qu’augmenter les salaires ne serait pas suffisant. Elle dit que les employeurs gagneraient à « être plus humains ». Elle considère qu’une meilleure reconnaissance encouragerait davantage les employés à garder leur emploi. La conseillère en développement professionnel chez Espace Carrière Catherine Plante croit que les employeurs devraient se montrer plus attrayants. « Ils devraient aussi parler du “lifestyle” du centre-ville et des avantages de travailler dans une ville comme Saint-Hyacinthe », s’exclame-t-elle.

D’après Josée Jamieson, il est important que les employeurs aient de bonnes pratiques de ressources humaines. « Il existe notamment des formations destinées aux patrons pour en apprendre davantage sur la gestion du personnel. Avoir une bonne gestion, c’est important et ça fait toute la différence », assure-t-elle.

Eliane Tremblay-Moreau

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