13 octobre 2020
Pandémie
Des impacts majeurs pour l’économie
Par: Le Clairon de Saint-Hyacinthe et région

Les différents partenaires économiques présents lors de la consultation organisée par le maire de Saint-Hyacinthe, Claude Corbeil. Photo Ville de Saint-Hyacinthe

Les principaux partenaires du milieu économique maskoutain se sont réunis pour dresser un état de situation concernant l’impact de la pandémie COVID-19 sur leur secteur d’activités et amorcer un plan de relance.

« Depuis la mi-mars, j’ai eu de très nombreux échanges avec nos différents partenaires concernant la pandémie et ses effets sur notre milieu. Il m’apparaissait cependant essentiel, six mois après le début de cette crise, de réunir ces acteurs clés afin de se partager de l’information, d’avoir un portrait exhaustif de la situation et, surtout, d’identifier ensemble, avec un pas de recul, les besoins et les solutions à considérer pour traverser la suite de cette pandémie », souligne le maire Corbeil.

Secteur industriel : un milieu relativement épargné

Le secteur industriel a été relativement épargné depuis le début de la pandémie, notamment parce que plusieurs entreprises de Saint-Hyacinthe sont liées au secteur agroalimentaire, un créneau essentiel. La quasi-totalité des emplois perdus au printemps a été récupérée rapidement, les taux de confiance et d’optimisme des dirigeants demeurent bons et il n’y a pas eu de recul marqué des chiffres d’affaires au cours des derniers mois.

Commerces de détail : une situation inégale

La situation est inégale du côté des commerces de détail. La plupart ont été durement touchés par des fermetures au début de la pandémie et la reprise a varié d’un type de commerce à l’autre. À cela s’ajoutent plusieurs problèmes d’approvisionnement. Plusieurs commerces ont fermé leurs portes, notamment aux Galeries St-Hyacinthe. Du côté du centre-ville aussi, mais on dénote en contrepartie l’ouverture de nouveaux commerces, notamment grâce au programme d’aide municipal implanté récemment.

Restauration : un secteur durement touché

La situation est particulièrement préoccupante du côté des restaurants où l’achalandage est encore très faible, notamment parce que beaucoup de gens télétravaillent et sortent peu. L’arrivée de l’automne et de la 2e vague soulève de nouveaux défis pour ce secteur.

Arts et spectacles : une reprise difficile

Le Centre des arts Juliette-Lassonde est aussi durement touché par la pandémie. La reprise des activités en mode distanciation permet d’attirer des citoyens au centre-ville et contribue à remettre le milieu culturel sur les rails. Cependant, ces événements, dans leur configuration actuelle, ne sont pas viables sur le plan de la rentabilité.

Tourisme, foire et congrès : un avenir incertain

Le secteur du tourisme, des foires et congrès est certainement le plus affecté par la pandémie et celui dont la reprise sera la plus tardive. Le Centre de congrès de Saint-Hyacinthe connaît une baisse d’achalandage de 80 % cette année, par rapport à 2019, et 360 événements ont déjà été annulés ou reportés. La situation est tout aussi difficile pour Espace Saint-Hyacinthe qui a dû annuler 25 foires et grands rassemblements. Les taux d’occupation dans le milieu hôtelier demeurent aussi extrêmement bas.

Besoins et solutions observés

Parmi les nombreux besoins et solutions évoqués par les intervenants, sans surprise, l’enjeu le plus fréquemment identifié est celui de la rareté de la main-d’œuvre, une situation qui semble avoir été nettement amplifiée par la Prestation canadienne d’urgence (PCU). Une vaste campagne de recrutement de main-d’œuvre est notamment suggérée.

Notons aussi un besoin d’accompagnement pour connaître les programmes d’aide disponibles et remplir les différents formulaires qui y sont associés. Il a également été question de l’ajout de ressources d’accompagnement pour les entreprises, entre autres pour le soutien au commerce électronique ou pour des initiatives promotionnelles groupées.

Une révision du programme fédéral d’aide aux loyers commerciaux, afin d’en élargir les critères d’admissibilité et d’en prolonger la durée, ainsi qu’une aide au paiement de taxes foncières non résidentielles par le biais d’un programme de soutien financier des gouvernements provincial et fédéral ont également été évoquées. Un assouplissement de certains aspects de la réglementation d’urbanisme est également souhaité par certains, tout comme l’octroi d’une aide financière pour la mise en place de mesures sanitaires.

« Beaucoup d’idées ont été échangées lors de cette rencontre. Nous allons prendre le temps de les analyser et je compte bien réunir à nouveau ces différents partenaires pour poursuivre le travail. Je suis persuadé que cette collaboration peut faire la différence », de conclure M. Corbeil.

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